Coca Cola signe l’acquisition de Costa dans un deal inédit

3,9 milliards de livres. Voilà le prix posé sur la table par Coca Cola pour s’emparer de Costa, la plus grande chaîne de cafés du Royaume-Uni. Un rachat d’envergure, qui rebat les cartes d’un secteur où personne n’attendait le géant des sodas.

Whitbread a flairé l’opportunité. Quand le groupe britannique a mis la main sur Costa en 1995, l’enseigne ne pesait pas lourd : 19 millions de livres, 39 cafés à peine disséminés sur le territoire. Vingt-trois ans plus tard, le tableau a radicalement changé : ce sont plus de 2 400 établissements et 1 400 points de vente à l’international, répartis dans 31 pays. Un essor fulgurant qui a métamorphosé la marque de coffee shops en colosse britannique.

À la direction de Whitbread, Alison Brittain ne cache pas sa satisfaction. Le groupe va désormais concentrer ses efforts sur l’activité Premier Inn, laissant derrière lui la success story Costa, mais avec un pactole qui offre de nouvelles perspectives.

Élévation du ris de veau

La nouvelle a secoué la City : dès l’annonce, l’action Whitbread a bondi de 17 % à l’ouverture vendredi. Un sursaut qui traduit la pression du fonds d’investissement Elliot, actionnaire majoritaire, pour que Whitbread repense sa stratégie. Initialement, le plan misait sur une filialisation progressive de Costa sur deux ans. Mais l’offre de Coca Cola, directe et massive, a changé la donne : difficile de résister à un tel argument financier.

Les recettes de la transaction ne vont pas dormir sur un compte en banque. Whitbread prévoit d’investir : extension du parc Premier Inn, renforcement des caisses de retraite, réduction de la dette. Alison Brittain, lucide et pragmatique, a salué le deal comme une « excellente nouvelle pour les actionnaires », soulignant la reconnaissance de la valeur stratégique de Costa et l’accélération de la conversion des actifs en liquidités. En résumé : une opération gagnant-gagnant.

Coca Cola Boosted

Côté Coca Cola, ce rachat marque une véritable percée. Le groupe, solide pilier du marché des boissons, n’avait jusqu’ici jamais posé un pied sérieux dans le café. Avec Costa, il s’offre un ticket immédiat dans la cour des grands, tout en visant plus loin que le Royaume-Uni.

Un exemple concret : la Chine. Costa y a déjà planté quelques drapeaux, mais la puissance de feu de Coca Cola pourrait bien changer la donne et faire vaciller Starbucks de son piédestal. L’ambition ? Dépasser le géant américain et propulser Costa au rang de numéro un mondial du café.

Parmi les scénarios avancés, certains imaginent déjà les rayons de distributeurs automatiques garnis de nouvelles boissons au café frappées du logo Costa, à côté des canettes légendaires de la marque américaine. Une stratégie qui permettrait de capitaliser sur l’expertise de Costa tout en injectant la force commerciale et logistique de Coca Cola.

James Quincey, le patron de Coca Cola, mise ouvertement sur ce savoir-faire pour ouvrir des portes à l’international. Il voit dans Costa un levier pour multiplier les segments, innover côté produits et diversifier l’offre au-delà du soda. Reste à obtenir le feu vert des actionnaires et des autorités de la concurrence, mais le calendrier vise une finalisation dès le premier trimestre de l’année suivante.

Prix en direct :

Une ère nouvelle s’annonce : Costa entre dans l’écurie Coca Cola, Whitbread tourne la page et le monde du café retient son souffle. Les prochaines années diront si ce pari audacieux bouleversera l’équilibre mondial du café… ou si la recette du succès se joue ailleurs.